Tout le monde…
« Bonne année, mon cul! » disait Desproges.
Je ne suis pas certain de l’avoir proprement interprété, mais…
2012 : année de ma quinquanescence désolante sera fort probablement un cap supplémentaire à Causse Marines (un de plus!). Non pas que les virages ostentatoires nous ravissent, mais le poids des ans rend probablement le vigneron plus sage et moins souple (quoiqu’il ne le fût guère déjà!). Dom Quichotte et le Che s’effacent lentement et la raison pointe son nez. Professionnellement on dresse quelques constats pour s’apercevoir que l’on est souvent loin de nos utopies juvéniles.
Très subjectivement, nous pensons que la qualité de nos vignes (et de nos vins) évolue. Eternels insatisfaits nous espérons encore beaucoup progresser.
Pour cela, nous avons résolument pris l’option de rester petits avec nos modestes 12 hectares que nous essaierons de dorloter. Il est un secret de polichinelle que nos stocks s’étiolent et que nous avons du mal à répondre à toutes les sollicitations commerciales. Pour l’instant (…), nous n’avons point succombé aux sirènes du négoce et de l’achat de raisin (que je ne comdamne pas pour autant!). Les deux derniers millésimes nous ont offert de beaux rendements moyens (de l’ordre de 32hl/ha) et nous ne pouvons raisonnablement pas produire plus de bouteilles. Il faudra faire avec en tachant de satisfaire tout le monde.
Tout le monde, précisément, car notre part de commercialisation à l’étranger s’accroît au fil du temps. C’est triste, pensais-je il y a peu. Etre prophète en mon pays m’importait, mais j’ai dû me faire une raison. Nous sommes vignerons (et donc terriens) et notre place se trouve dans notre élément : la vigne et le chai. Là, nous pouvons mieux comprendre et meiux appréhender notre passion. La reconnaissance du marché arrive lentement et nous pouvons, maintenant, modestement nous dispenser de battre furieusement la campagne afin de vendre, comme des camelots, les quelques caisses nécessaires à la survie de l’exploitation. Je connais peu de vignerons se délectant dans cet exercice souvent humiliant.
Bien sûr, il est regrettable de constater que les professionnels français ( les vrais !) se font trop rares et que la grande distribution, cavistes, restaurateurs et journalistes se donnent la main pour ne s’intéresser qu’à ce qui se vend (ou plutôt, s’achète…). Les contre-exemples sont des exceptions.
Alors, merci aux Quebecois, ricains, rosbifs, japs, chinois, européens et martiens français de nous offrir de gourmands palais, sans a priori, partageant nos valeurs.
Nous nous refusons à nous échiner plus longtemps, à tenter de convaincre les pseudos professionnels qui conchient les vins industriels, mais se corrompent à en vendre quand ça les arrange ! Chassez le naturel, la dernière grive revient au galop. Ceux-là se reconnaîtront sur notre fameux logo…
Bien sûr, notre porte reste grande ouverte aux vraies fouines! A bientôt.